20.04.2011 00:00, Pascal Vermot
La start-up genevoise a investi le monde des cartes à jouer virtuelles, à mi-chemin entre "Magic" et "World of Warcraft". Son fondateur, Shaban Shaame, compte lancer une nouvelle application ludique sur iPhone, avant d'aborder la dernière étape du programme "venture kick".
La clé du succès d'EverdreamSoft? Pour Shaban Shaame, son fondateur, c’est très certainement d'avoir su faire les bons choix très tôt dans l'identification de son marché et de la réponse à y apporter. "Je travaillais dans le secteur informatique. J'avais repéré une niche encore non couverte par les jeux vidéo, au moment de l'explosion des jeux de rôle massivement multijoueurs. C'est à ce moment-là que "Moonga", et ma société, sont nés", explique le jeune entrepreneur aux participants du "venture ideas" qui a eu lieu à la mi-avril à la Haute école du paysage, d'ingénierie et d'architecture de Genève.
L'innovation d'EverdreamSoft n'est sans doute pas explicite pour les profanes. Pour les experts du monde vidéoludique, elle est particulièrement parlante, en particulier pour tous ceux ayant déjà joué à "Magic". Ce jeu de cartes, issu d'un monde d'heroic fantasy où se côtoient sorciers, guerrières et autres monstres, réside sur le principe de la collection et de la combinaison, poussant les joueurs à amasser un grand nombre de cartes: plus le "deck" des participants est fourni, plus chaque joueur est susceptible de trouver une stratégie efficace pour contrer son adversaire.
Une niche dans un marché de masse
Shaban Shaame voit dans ce principe l'opportunité de créer un nouveau marché encore peu investi par les géants de l'industrie du jeu vidéo. "A l'époque, des jeux de rôle à univers permanent comme "World of Warcraft" se taillaient la part du lion. Mais rien n'existait pour les joueurs qui veulent des parties plus rapides, où ils peuvent confronter leurs amis en quelques minutes», se souvient-il.
Il crée ainsi "Moonga", une application dans laquelle les cartes virtuelles comportent chacune une illustration réalisée par des dessinateurs de talent et une courte descriptif indiquant leur effet sur le déroulement du jeu. Ancien étudiant en systèmes d’information de l’Université de Genève, il développe son produit en collaboration avec Michel Deriaz, chercheur dans cette institution. «Nous avons visé l’iPhone comme support sur lequel porter notre application, car son succès auprès des consommateurs rendait la propagation de notre jeu potentiellement plus rapide auprès des "geeks", notre cible», explique le jeune entrepreneur.
A ce jour, l’application a été téléchargée quelque 130'000 fois depuis son lancement, en 2010. Et la société émet de nouvelles cartes tous les trimestres pour alimenter les joueurs. Le jeu a connu un succès fou au Japon et fait son chemin auprès des "gamers" occidentaux.
EverdreamSoft compte d’ailleurs ne pas s’arrêter là et prévoit le lancement d’un nouveau jeu pour téléphones mobiles, d’un genre tout à fait différent, plus proche d’une application comme "Angry Birds". La société est en train de boucler un tour de financement et se prépare à aborder la dernière étape du programme venture kick, très vraisemblablement en juin prochain, pour tenter de décrocher au total 130'000 francs de fonds d’amorçage.